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L'ami
de la Kabylie vient de mourir Le sociologue Pierre
Bourdieu vient de mourir.
La
communauté amazighe (berbère) est très attristée par
la disparition d'un de ses meilleurs analystes mais
aussi ami. Car Bourdieu n'est pas seulement celui
qui, à vingt huit ans, publie ses premiers travaux
en sociologie sur les sociétés berbères ; tout au
long de sa carrière d'éminent sociologue, il ne cessera
de faire référence à la Kabylie, à la société berbère
de façon générale et à la société kabyle de façon
particulière. En effet, la publication de quatre études
de sociologie kabyle à la suite de "Essai d'une théorie
de la pratique" sont, tout comme la référence à "La
société kabyle dans la domination masculine", des
éléments qui démontrent l'attachement du chercheur
à un champ d'investigation jusque là non exploité
de façon purement scientifique.
En
second lieu, Bourdieu reste le militant car il est
le seul qui a permis à l'écrivain Mouloud Mammeri
de créer le "CERAM" (Centre de Recherches et d'Etudes
Amazighes) ainsi que la revue AWAL en 1985. Il a été
également le fondateur du CISIA (Comité de soutien
aux intellectuels algériens), créé après l'assassinat
de l'écrivain kabyle Tahar Djaout.
Le
Congrès mondial amazigh présente, à sa famille et
ses proches, ses condoléances les plus attristées
pour la perte de celui que nous considérons comme
l'un des amis les plus chers des Kabyles. Nous saluons,
aussi en lui, le défenseur de toutes les causes des
minorités opprimés qui forment la majorité de ce monde.
A travers cet intérêt à la kabylité, nous avons perçu
le combat noble de Bourdieu, celui de l'universalité
; la défense des intérêts des opprimés, des minorés,
des bannis,... des dominés. p/ Le CMA, Le Président,
M. Ferkal. Paris, le 25 janvier 2002.
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